Neolyon’s Weblog


Rêve d’or et de pétrole

Quoi de plus commun que la recherche de la richesse et d’un sens à la vie. Chacun dans sa trajectoire apporte quelque chose à sa communauté, et nous voyons dans ces deux films très différents, que personne aussi ne peut rien sans les autres, même les plus farouches individualistes.

Rêve de poussière

film de Laurent Salgues, France & Burkina-Faso, 2007, 1h26

Un nigérian qui a peut-être tout perdu, vient au Burkina-Faso travailler dans des mines d’or. Après des débuts difficiles, il se fait bien accepter par ses collègues.

Elégance et philosophie discrète dans un film qui suit son cours calmement. D’un côté un certain fatalisme et conservatisme dans ce monde clos de mineurs qui ont une vie rude, et de l’autre de l’espoir insufflée avec une belle générosité sur la génération future.

There will be blood

de Paul Thomas Anderson, USA, 2008, 2h38

Cette fois c’est la vie d’un chercheur de pétrole, un solitaire sans foi ni loi, un prototype de rêve américain. Un homme qui s’est fait à la force du poignet. Seulement il a aussi affaire dans cette Amérique à la puissance naissante, à l’adversité de la religion dans son entreprise, une loi qu’il ne respecte pas non plus mais avec laquelle il doit ruser.

Entre western et épopée moderne, cette histoire débute entre XIXe et XXe siècle pour se terminer avec la grande crise du capitalisme. C’est aussi la lutte entre deux mondes, l’obscurantisme religieux, et l’avènement de la modernité et l’affranchissement qu’elle offre. C’est aussi un homme seul face à une communauté. Le capitalisme individualiste et sans garde-fous face à un groupe de croyants solidaires. Beau et cruel, une version de l’histoire américaine enrichissante, une parabole toujours actuelle.



Ariane en deux films
mai 12, 2008, 4:36
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Ariane Ascaride à l’affiche de deux films. L’un avec sa troupe de fidèles, un autre dont elle a défendu la création en commission d’avance sur recettes.

Ariane est une femme engagée, dans le cinéma et dans le théâtre depuis longtemps, et c’est un travail de longue haleine qui a d’abord fait l’admiration des critiques avant celle du public. Elle alterne théâtre, un travail de répétition, et le cinéma où il faut savoir être disponible.

L’année suivante
de Isabelle Czajka, France, 2007, 1h31

Une adolescente perd son papa, et se retrouve seule face à une mère déjà ailleurs, ce qui créé d’emblée un malaise. Une adolescente un peu en marge, face au désir de vivre d’une mère égoïste qui a peur de vieillir.

Dans cette histoire les rôles sont inversés. L’adolescente se réfugie dans le théâtre, la mère cherche à se prouver qu’elle est encore désirable, et vie comme si sa fille n’existait pas. Cette façon de filmer la banlieue est différente, tout n’est que centres commerciaux et magasins d’enseignes. La vie est là, la mort aussi puisque le cimetière où le père est enterré se trouve au milieu, ainsi que du flot de voitures, et participe de cet individualisme consumériste. Et pourtant la maman participe à fête de l’Humanité, la fille hérite des livres sur le communisme de son papa. Mais non, même cette utopie n’a pas de prise dans ce drame familial, et la disparition du père, du seul lien finalement, les renvois à elles-mêmes seules et désemparées. Avec sa disparition tout est à recommencer.

Lady Jane
de Robert Guédiguian, France, 2008

Lady Jane héroïne énigmatique, la femme au passé trouble et troublante par son silence et ses amitiés qu’elle ravive à l’occasion du kidnapping de son fils.

Nous sommes tenus en haleine par ce thriller où des anciens malfrats refont surface. Solidaires pour faire face et resoudre l’énigme de cet enlèvement. Jusqu’à la fin nous ne savons pas. Un beau plaidoyer contre la vengeance, et en lointain écho cette émission de télévision qui traite du conflit israelo-palestinien et su laquelle la caméra s’arrête mine de rien. La paix dépend de chacun d’entre nous, et pour cela il faut faire la paix avec soi-même, comme s’y résoud Lady Jane malgré sa grande souffrance et son désir de vengeance.